Avertissement de départ : ce guide n’est pas une success story. J’ai gagné 95,35 € en six ans avec Amazon KDP. C’est un chantier documenté, avec les vrais chiffres et les vraies erreurs. Si tu cherches une promesse de revenus, passe ton chemin : il n’y en aura pas ici.

Ce que j’ai réellement fait

Fin mars 2020, confinement. J’ai du temps, je découvre Amazon KDP et je me lance à fond : une vingtaine de livres créés en cinq semaines, du 27 mars au 2 mai.

17 titres arrivent en ligne. 3 restent en brouillon, jamais terminés. Puis je pars en formation de développeur et le projet s’arrête net.

Six ans plus tard, le bilan est le suivant : 63 ventes, 95,35 € de royalties, cinq marketplaces. Sans une seule action de promotion depuis mai 2020.

17titres publiés en cinq semaines, du 27 mars au 2 mai 2020
63ventes cumulées sur cinq marketplaces, Amazon.fr en tête (79 %)
95,35 €de royalties en six ans, soit 1,51 € par vente en moyenne
≈ 180 hinvesties en 2020, entre 8 et 10 heures par titre

Le plus intéressant n’est pas le montant, il est ridicule. C’est que ces ventes ont continué jusqu’en 2025, toutes seules : la longue traîne d’un actif numérique, version miniature mais bien réelle.

KDP expliqué simplement

Amazon KDP te permet de publier trois formats. L’ebook Kindle : un fichier numérique, vendu et livré par Amazon. Le livre broché : imprimé à l’unité quand quelqu’un commande, c’est l’impression à la demande. Le relié : pareil, en couverture rigide.

Pas de stock, pas d’avance d’argent sur l’impression, pas de logistique. Amazon imprime, expédie, encaisse, et te reverse une royalty.

Moi, je n’ai publié que du broché. Mes livres étaient des livres low-content : coloriages, cahiers d’activité, supports créatifs. Du contenu visuel à remplir, pas du texte à écrire.

Choisir la niche : ma méthode 2020, et pourquoi elle a échoué

En 2020, ma méthode tenait en un mot : l’instinct. Je regardais ce qui semblait se vendre, je complétais avec les outils gratuits de Self Publishing Titans, et je fonçais.

Résultat : sept de mes titres étaient des mandalas ou apparentés. Le créneau le plus saturé de tout KDP, celui où des milliers de livres identiques se battent pour les mêmes acheteurs. Moins de 20 € cumulés en six ans pour environ 70 heures de travail.

Ce que je ne savais pas lire à l’époque : la demande réelle (combien de gens cherchent ce type de livre), la concurrence (combien de titres se la partagent) et le BSR, le classement des ventes qui te dit si un livre concurrent vend vraiment ou fait juste de la figuration.

Ce que j’évite désormais : tout créneau où je ne peux pas mesurer la demande avant de produire. Ma relance repose sur BookBeam, dont mon avis complet est sur ce site. Mais je reste honnête : cette nouvelle méthode n’a encore rien prouvé chez moi, aucun titre n’est publié avec elle.

Créer le livre

Ma production 2020, concrètement : je choisissais un thème, je rassemblais des illustrations sous licence sur Depositphotos et Vecteezy, puis je montais l’intérieur page par page dans Affinity Designer (90 € de licence, payée une fois).

Les gabarits de Tangent Templates me donnaient les bonnes dimensions de page et les marges KDP. Sans eux, j’aurais perdu des heures de plus sur des rejets techniques.

Compte 8 à 10 heures par titre : recherche du thème, sélection des images, mise en page, création de la couverture, rédaction de la fiche et publication. À l’époque, sans IA, tout était manuel. C’est ce coût en temps qui a rendu la pause inévitable quand ma formation a commencé.

La couverture

En 2020, je faisais mes couvertures dans Affinity Designer, sur les gabarits d’impression de Tangent Templates. Aujourd’hui, un outil comme Canva Pro fait le même travail plus vite pour ce type de livre.

Le piège classique du débutant, c’est le fond perdu : la zone de quelques millimètres qui sera rognée à l’impression. Si ton design s’arrête exactement au bord de la page, tu risques un liseré blanc ou un refus de fichier.

La règle : ton fond dépasse toujours la ligne de coupe, et aucun élément important ne s’approche des marges. Le gabarit officiel KDP, généré pour ton nombre exact de pages, n’est pas optionnel.

Publier sur KDP

Créer le compte est gratuit et rapide. Ensuite, chaque livre passe par une fiche : titre, sous-titre, description, 7 mots-clés, 2 catégories, prix.

Ce qui m’a surpris : la portée internationale automatique. J’ai publié depuis chez moi, et mes ventes sont arrivées de France, des États-Unis, du Royaume-Uni, d’Allemagne et du Canada, sans que je fasse quoi que ce soit. Amazon.fr représente 79 % de mes royalties.

Autre surprise : les mots-clés et catégories comptent plus que la qualité perçue de l’intérieur. Un bon livre invisible ne vend rien. C’est toute la logique de la longue traîne : être trouvé sur des recherches précises que peu de titres ciblent.

Prix et royalties : mes vrais chiffres

Mes brochés étaient vendus entre 6,99 € et 7,99 €. Sur un broché, KDP verse 60 % du prix, moins le coût d’impression de chaque exemplaire.

Ma royalty moyenne réelle : environ 1,51 € par vente. Voilà le chiffre honnête à garder en tête quand tu entends parler de revenus KDP.

Les taux de 35 % et 70 % que tu verras partout concernent uniquement les ebooks Kindle. Je n’en ai publié aucun : sur du coloriage, le numérique n’a pas de sens.

Les erreurs que j’ai déjà faites

1 · Trop planifier, pas assez exécuter ciblé. Une vingtaine de livres lancés sur environ huit créneaux différents en cinq semaines, et trois brouillons abandonnés en route. Coût : des dizaines d’heures diluées, aucun créneau creusé sérieusement.

2 · Foncer dans le créneau le plus saturé. Sept titres mandalas et apparentés, sans aucune différenciation. Coût : environ 70 heures pour moins de 20 € en six ans.

3 · Ignorer mon seul signal positif. Mon coloriage saisonnier pour enfants fait 28 % de tout mon revenu, avec un pic qui revient chaque avril. La déclinaison sur les autres fêtes de l’année était évidente. Je ne l’ai jamais faite. Coût : impossible à chiffrer, c’est le manque à gagner le plus certain du projet.

4 · Produire des tomes au lieu de tester des niches. Le tome 2 d’une série qui n’avait pas encore prouvé sa demande : 2 ventes. Coût : 8 à 10 heures pour dupliquer une hypothèse non validée.

5 · Choisir sans données. L’erreur racine, celle qui contient les quatre autres. Aucune mesure de demande avant de produire, uniquement l’air du temps. Toute ma stratégie de relance existe pour corriger celle-là.

FAQ

Combien ça coûte de démarrer sur KDP ?

Publier est gratuit. Moi, j’ai investi environ 190 € d’outils en 2020 : 59 $ de gabarits à vie, 39 $ de banque d’images et 90 € de licence Affinity Designer, payée une fois. Le vrai coût, c’est le temps : 8 à 10 heures par titre chez moi.

Combien de temps avant la première vente ?

Chez moi, quelques semaines : premiers titres fin mars 2020, premières ventes dès avril. Mais un titre peut aussi ne jamais vendre : 7 de mes 17 livres n’ont pas trouvé un seul acheteur en six ans.

Faut-il savoir écrire ?

Pas pour le low-content. Mes livres ne contiennent pratiquement pas de texte. Il faut savoir assembler, mettre en page et présenter, pas rédiger.

L’IA est-elle autorisée sur KDP ?

Oui, avec une déclaration : KDP demande de signaler le contenu généré par IA au moment de la publication. La politique évolue, vérifie-la le jour où tu publies. Le contenu doit rester original et non trompeur, IA ou pas.

Combien de titres pour en vivre ?

Méfie-toi de la question elle-même. J’ai 17 titres en ligne et je gagne environ 15 € par an. Ce n’est pas le nombre de titres qui compte, c’est la demande du créneau et la différenciation de chaque livre. Personne ne peut te promettre un revenu, et ce guide ne le fera pas.

La concurrence est-elle saturée ?

Les créneaux évidents, oui : les mandalas m’ont coûté 70 heures pour le prouver. Mais des poches de demande mal servies existent en permanence, surtout hors anglophonie. Elles se trouvent avec des données, pas à l’instinct.

La stack du projet en bref

  • Amazon KDP publication et impression à la demande
  • Affinity Designer 90 € une fois : la mise en page des intérieurs et couvertures
  • Tangent Templates gabarits KDP, licence à vie
  • Depositphotos + Vecteezy illustrations sous licence
  • Self Publishing Titans outils de recherche gratuits (2020)
  • BookBeam la recherche de niche de la relance

Ce guide est le point zéro du pilier KDP. La fiche projet rassemble les chiffres à jour, et la suite s’écrira en public : la relance, ses premiers titres et ses vrais résultats arriveront dans le journal et la newsletter « Sous l’Égide ».